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Nos derniers coups de coeur

Tyrannie de la Beauté, Chroniques slaves, Stanislav Demidjuk
Editions Un Jour/Une Nuit

CLIN D’ŒIL à notre ami Stanislav Demidjuk : venez découvrir à la librairie son livre Tyrannie de la beauté – Chroniques slaves, éditions Un Jour/Une Nuit. C’est un ouvrage historique et biographique passionnant, une odyssée et une épopée qui lient la grande Histoire, fresque vivante et vibrante des Slaves et la petite, celle des ancêtres de Stan, de ses parents et grands-parents yougoslaves, ukrainiens, russes et allemands. Stanislav Demidjuk est né à Zagreb en Yougoslavie et n’a vécu que peu de temps sur sa terre natale. Ses parents émigrent en Australie, pays qu’il quittera 15 ans plus tard pour retourner en Europe ; il a séjourné en Italie, en Allemagne, plus longuement en Angleterre avant de choisir la France comme port d’attache en 1974. Journaliste, ébéniste, céramiste, animateur culturel, et surtout homme engagé, il a participé à la publication de deux autres livres, Irlande, insoumise et rebelle, et Nouveaux Regards sur les Brigades Internationales – Espagne 1936-1939.

 

 

 

Florida, Olivier Bourdeaut
Finitude

Génial ! Un nouveau roman d’Olivier Bourdeaut !!! Mais attention ! Celui-ci n’a rien à voir avec les précédents ! L’auteur réussit à se glisser dans la peau d’une jeune fille que sa mère rêve de voir monter sur le podium pour être sacrée Mini-miss ! C’est l’histoire d’une vie ravagée par des espoirs déçus, par l’ambition par procuration… C’est l’histoire d’Elizabeth Vernn qui ne rêve que de vengeance, qui brûle de ce feu infernal et qui va utiliser son corps comme instrument pour servir ce noir dessein. C’est plein d’humour, de coups de griffes contre notre société de l’image, contre le culte du corps et de la beauté, la sexualisation des petites filles. L’écriture « parlée » et le rythme sculpté entraînent immédiatement le lecteur qui plonge avec envie dans cette aventure qu’il devine terrible… GENIAL !!!!

Les Femmes d’Heresy ranch, Melissa Lenhardt
Cherche-Midi

Qualifier ce roman de western féminin est trop réducteur. Alléchant, mais réducteur. C’est plutôt un roman féministe écrit par une historienne dont le souci est de mettre en lumière ces femmes oubliées d’une Histoire (Colorado, 1873) essentiellement racontée du point de vue du mâle blanc. Les Femmes d’Heresy ranch est un premier roman passionnant, dense, très bien construit (alternances de points de vue, extraits de journaux intimes et de journaux d’époque, interview en 1936 retranscrite de la seule rescapée du fameux « gang Parker »), avec des personnages hauts en couleurs (Garet, Hattie Lacour, Grace, les Sœurs Bijoux, Stella et Joan et quelques hommes quand même, Spooner, Jehu…), des dialogues vifs avec qui mettent en lumière ces femmes intelligentes et extraordinaires qui ont tout fait pour préserver leur liberté quand la société ne leur laissait que 2 options : se marier ou se prostituer. On comprend aisément que les droits du roman aient été rachetés pour en faire une série… C’est PASSIONNANT !!! Foncez !!!

L’Enfant, la taupe, le renard et le cheval, Charlie Mackesy
Les Arènes

Magnifique album pour les enfants à partir de 8 ans juqu’à…. 88 ans ? Un trésor, une pépite à offrir! Une invite à philosopher, à s’interroger sur le sens de la vie, l’entraide, l’amour, l’amitié… le dessin est délicat, fin et sa simplicité accompagne un texte qui l’est tout autant mais qui dit tellement de choses, de belles choses ! On peut l’ouvrir à n’importe quelle page, on peut le lire en commençant par la fin, ou le milieu, on ne peut qu’être admiratif du travail de l’auteur. La librairie a investi dans la version d’origine, en anglais, à savourer !!!

Les Nouvelles aventures de Cookie, Martine Laffon, illustré par Louise Mézel
La Joie de lire

Une présentation soignée (édition cartonnée avec un signet en tissu), des illustrations tout en douceur au crayon, mettant en scène ce facétieux et trop mignon petit chien Cookie, et le récit en quatre petits chapitres de ces incroyables inventions font de cet ouvrage un très joli petit cadeau ! Quelle imagination débordante ce Cookie ! L’intérêt de cet ouvrage réside à la fois dans la fantaisie de ce personnage, dans le soin apporté au vocabulaire et dans la qualité des illustrations qui ne manqueront pas de séduire les petits lecteurs à partir de 6 ans (et les plus grands !).

 

Anchise, Maryline Desbiolles
Points

Une très belle lecture que celle de ce court texte, fort et lumineux couronné en 1999 du Prix Femina et paru récemment en poche. Le style est épuré, tranchant parfois, et si poétique qu’il vous pousse à lire à voix haute certains passages. Quelque part dans l’arrière-pays niçois, un hameau perdu, accroché à la montagne, pas loin de la mer que pourtant aucun habitant des trois maisons n’a jamais vue : ni la Thomas, ni les Sasso et surtout pas Anchise qui, à 80 ans, ne se remet pas de son amour perdu il y a bien longtemps. Ce paysan bourru des poches duquel s’échappent des abeilles n’est plus vivant depuis la mort de la Blanche, celle qui a embrasé son existence juste avant qu’il ne parte à la guerre, celle pour qui il se consume de chagrin, celle sans qui rien ne vaut… c’est juste magnifique. Merci Hervé M. pour cette découverte !!!

L’Eté de la sorcière, Kaho Nashiki
Editions Picquier

Si vous avez envie d’une lecture apaisante, simple, agréable, lisez L’Eté de la Sorcière. C’est un petit roman adorable, modeste, délicat comme le sont souvent les romans japonais, un roman amoureux de la nature, des choses simples : préparer le thé, faire un lit, ramasser les œufs dans le poulailler, plier joliment des draps, écouter la pluie, ramasser les fraises des bois et préparer la confiture… c’est l’histoire de Mai, une enfant malheureuse à l’école, qui va s’installer chez sa grand-mère, la « sorcière de l’Ouest ». Mai adore sa grand-mère, l’interroge quotidiennement sur les choses de la vie, sur son histoire (elle est Anglaise), s’étonne, s’émerveille, réfléchit, plonge au cœur des émotions, questionne son ressenti et grandit. Elle va trouver sa place au fur et à mesure… Y-a-t ’il de la magie dans cette histoire ? Assurément !

BD : Le Smartphone et le balayeur, Emmanuel Guibert
Les Arènes 

Génial ! Une vraie réussite : cette conversation entre un balayeur et un smartphone qu’il a trouvé par terre dans la rue nous surprend à plus d’un titre. Point de banalités ici, mais des échanges drôlissimes sur le sens de la vie, sur notre société du tout-connecté, des faux-semblants, des contradictions pointés du doigt par ce fonctionnaire territorial de catégorie C et un androïde en burn-out qui ne supporte plus le contact des humains ni leurs regards vides… C’est drôle, philosophique et percutant ! Bravo !

Nom de noms, Gilles Verdet
L’Arbre Vengeur

On avait déjà adoré chez L’Arbre Vengeur Les Pantoufles de Luc-Michel Fouassier. Voici encore une lecture des plus divertissantes, pleine de surprises et d’humour, avec une langue ourlée, ciselée à la perfection ! C’est génial !!! C’est l’histoire de Rien, monsieur Rien, qui croise l’existence de Mmes Aimée et Désirée Personne (si si !!!), puis celle de Fleur Jardin, de Claire Matin ou encore celle de Gérard Souffleur, de Martial Durideau ou Sophie Lediable… Alors évidemment qu’on y parle de déterminisme patronymique, de blases sans origines, insignifiants mais c’est surtout des tranches de vie imbriquées les unes dans les autres qu’on découvre avec jubilation. C’est un « roman de nouvelles » surprenant, magistralement construit et subtilement écrit d’une plume vaillante, aguicheuse et savante, pleine de gouaille.  Une pépite réjouissante !!! Foncez !!!

 

Arbre de l’oubli, Nancy Huston
Actes Sud

2016 – Le livre s’ouvre sur Shayna, qui accompagne son mari à Ouagadougou.
1945 – New-York quartier du Bronx : un des fils d’une famille juive, Joël, vit par l’intermédiaire de sa mère  Jenka dans la terreur des évènements mondiaux.
1955-1960 – Nashua, New Hampshire : Lili Rose est la fille unique d’une famille méthodiste de la classe moyenne.
Par des aller-retours constants, Nancy Huston construit l’histoire personnelle de ces trois personnages et nous entraîne dans une passionnante aventure. Leur destin se mêle :  Lili Rose deviendra la deuxième épouse de Joël et ils adopteront Shayna.  A travers leur histoire, c’est d’un regard acéré que l’auteure nous parle de la maternité, de la place même de la femme,  des conséquences des blessures de l’enfance,  des interrogations sur le sexe et le plaisir au féminin comme au masculin. C’est également un questionnement sur les religions, le respect des traditions, sur l’appartenance subie ou volontaire  à un groupe social. Nancy Huston nous parle également des relations familiales, de la reconnaissance et de l’amour filial ou maternel et de la différence de couleur de peau, et de genre.
Chaque court chapitre nous tient en haleine. L’écriture est simple, précise. En peu de mots, Nancy Huston sait nous faire pénétrer au cœur de l’intimité de ses personnages. Entre chaque chapitre se joue une scène d’une pièce de théâtre, illustration de l’esclavage, de la femme noire comme objet de plaisir, de la maternité désirée ou subie, volontaire ou tarifée, rejetée ou impossible.

Les femmes n’ont pas d’histoire, Amy Jo Burns
Sonatine

Pas d’avenir pour les femmes dans cette région des Appalaches où les hommes vivent de contrebande et de religion. La narratrice, c’est Wren, une adolescence qui vit recluse dans les montagnes, à l’ombre de son père, un prêcheur intransigeant qui lui interdit toute culture ou activités de son âge. Sa mère, Ruby, entretient une amitié sans faille avec Ivy, une amie d’enfance, qui a choisi de vivre non loin de son amie, renonçant à leur désir commun de fuir cette vie. Les deux familles vivent dans le dénuement et l’isolement et ce n’est que quand Ivy débarque avec ses fils que la vie devient plus légère. On est estomaqué de comprendre que l’action se passe en 2015 ! A partir de l’accident qui touche Ivy, le fil du passé se déroule et nous dévoile les secrets des deux femmes. Le roman est très noir mais également très doux quand Wren nous parle de ses parents. De son père détestable et admirable à la fois, mais également de la force de l’amitié, de l’amour et de la solidarité qui permettent à Ivy et sa mère de survivre dans ce monde violent. Un premier roman pour Amy Jo Burns. Captivant !!!

 

Une falaise au bout du Monde, Carl Nixon
L’Aube noire

La famille Chamberlain au complet, les parents et 4 enfants, fraîchement débarquée d’Angleterre pour le travail du père, s’accorde quelques jours de vacances sur la côte Ouest de la Nouvelle Zélande.  La pluie incessante rend les routes glissantes et la voiture tombe au fond d’un ravin, dans le lit d’une rivière, invisible de la route.  Les parents et le bébé ne survivront pas et les trois enfants Katherine, Maurice et Tommy sont portés disparus. Nous sommes en 1978. La sœur de Mr Chamberlain, Suzanne, cherche désespérément sa famille, faisant de longs séjours en Nouvelle Zélande, au mépris de sa propre vie de famille. Quelques années plus tard, en 2010, Suzanne est appelée pour identifier des ossements qui pourraient être  ceux de son neveu.  Sur place, elle va mener sa propre enquête pour comprendre le mystère de leur disparition. On suit ainsi en parallèle l’histoire de ces enfants, recueillis et aidés par Martha et Peter, personnages étranges et mutiques qui habitent dans un coin perdu et inhospitalier du bush sans contact avec le monde extérieur et l’enquête de Suzanne. L’auteur passe ainsi d’une époque à une autre, révélant chaque fois une partie du mystère. Encore un roman noir ! Certaines scènes sont d’une tristesse infinie et on suit avec fébrilité la psychologie de chaque enfant au deuil, à la survie, et leur capacité d’adaptation à ces conditions extrêmes.

Très prenant, triste et poignant.  La fin est surprenante, je vous laisse la découvrir !!