Pouic-pouic a aimé

Nos derniers coups de coeur

Romy et Julius, Marine Carteron et Coline Pierré
Le Rouergue

Voilà un très bon roman pour l’été !!! A savourer sans modération ! Il y a là de l’intelligence, de l’humour, des clichés qui volent en éclats, de l’amour, beaucoup d’amour… C’est l’histoire de Romy et de Julius, elle, fille de boucher et lui, fils d’une famille végane et militante pour la cause animale. Donc, tout les oppose. Et ils vont tomber amoureux. Et c’est la galère. Et ça rappelle, évidemment, l’histoire des 2 autres-là, Roméo et Juliette. Ah ben oui, tiens ! ça ressemble drôlement à la tragédie de Shakespeare ! Mais chut, on n’a rien dit… Génial !!!

Mauvaise graine, Nicolas Jaillet
La manufacture de livres

“Quand Bridget Jones rencontre Kill Bill” annonce le bandeau sur la couverture. C’est exactement ça : quand on referme le livre, on a l’impression de sortir d’une séance cinéma où on s’est fait secouer dans tous les sens ! Çà passe vite, c’est très prenant et c’est drôle ! Les personnages principaux ont un sens de la repartie très efficace, le rythme est soutenu, l’histoire originale, c’est décalé, déjanté, fantasque… une bonne lecture divertissante. J’ai adoré !!!

Les Ombres, Zabus et Hippolyte
Dargaud

On est immédiatement séduit par le dessin, par ces vignettes qui pourraient composer un tableau à part entière, par ces curieux personnages masqués. Et puis on est vite happé et bouleversé par cette histoire de fuite, d’exil. On ressent comme les personnages, la peur, l’angoisse, l’inquiétude… et le dégoût, et la honte face à l’absurdité de la situation finale. C’est une fable, un conte poétique mais il est question ici de la bêtise des hommes, de la méchanceté, de ce qui se passe aux portes de l’Europe encore et toujours…. Glaçant !

 

 

Les Contes défaits, Oscar Lalo
Belfond

« Peau d’âme, noire neige, le petit poussé… Il était zéro fois… c’est ainsi que commencent les contes défaits ». La découverte d’une plume, une vraie !!! Quel talent M. Lalo ! C’est dur, très dur mais c’est très beau. Les Contes défaits est un récit bouleversant d’une enfance volée. Ce qui est sous-entendu est insoutenable mais tout le talent de l’auteur réside dans cette pudeur qui se dévoile, dans ce dégoût qui s’exprime, dans cette entreprise de survie. Il est question de maltraitance, de traumatisme, de coma, de résilience, de la force d’un être réduit à néant qui reprend petit à petit sa vie en main et qui parle, parle, parle et raconte ce qu’il n’a jamais pu raconter. Bouleversant !!! Paraîtra en août prochain le nouveau roman d’Oscar Lalo, La Race des Orphelins. Juste magnifique…. Mais chut ! On en reparle dans les coups de cœur du mois d’août !

La vie mensongère des adultes, Elena Ferrante
Gallimard

Giovanna, 12 ans, mène la vie tranquille de la fille unique de parents aisés. Des amies, une vivacité d’esprit, une certaine liberté, un beau quartier et l’ouverture d’esprit favorisée par des parents intellectuels. Le jour où elle surprend une conversation entre son père et sa mère, la bulle de cette vie sans problèmes va éclater. Elle serait parait-il laide et ressemblerait à la tante Victoria, qu’elle ne connait pas et avec qui son père est brouillé. Cette tante, personnage haut en couleur, rude et colérique va bouleverser la vision idyllique de sa vie familiale. C’est un merveilleux roman d’apprentissage. Elena Ferrante aborde d’une écriture acérée et lucide le passage douloureux de l’enfance à l’adolescence, la vulnérabilité des jeunes filles face au sexe, le regard sur les adultes alors même qu’on en devient une et les comportements d’adultes. Quelle finesse d’analyse ! Bravo Madame Ferrante !

Les faiseurs d’anges, Kris Nelscott
Editions de l’Aube – L’Aube noire

Encore un Kris Nelscott me direz-vous ! Hé bien oui. Cette femme a construit ses romans dans les Etats-Unis des années 60. Dans le premier volume on rencontrait le personnage de Smokey Dalton, un privé noir, très impliqué dans la communauté noire et ami de Martin Luther. Plusieurs volumes après, Smokey a adopté Jimmy, témoin du meurtre de Martin Luther King, déménagé, et œuvre toujours pour la communauté noire. On y retrouve également Laura, son amie blanche C’est en sortant d’un gala organisé en faveur des orphelins noirs, qu’il entend sa voisine gémir. Il la trouve en grande souffrance et l’amène à l’hôpital   A cette époque La vie est dure pour les femmes noires, la contraception est inexistante, le viol monnaie courante et l’avortement illégal. Dans ce contexte les naissances se multiplient dans les familles pauvres et les enfants condamnés à l’abandon. Le passage à l’hôpital se termine pour beaucoup d’entre elles par une stérilisation forcée.

Ce livre est plus un roman noir et sociologique qu’un véritable polar.

Personnellement, je suis adepte de Kris Nelscott, le personnage de Smokey Dalton est pétri d’humanité, un vrai privé à la Philip Marlowe avec ses doutes mais aussi des certitudes sur les choix nécessaires  pour garder son intégrité morale.

Si belles en ce mouroir, Marie Laborde

Décidément, les éditions François Bourin ont le don pour dénicher des pépites d’humour!!! C’est assurément un vrai bon moment de lecture : on rit, on y a aussi des petits pincements au cœur tellement le quotidien des pensionnaires et des personnels d’Ehpad y est croqué avec réalisme. Alexandrine Dumas, 85 ans, est en convalescence dans l’établissement Biarritz Bonheur, et s’y est liée d’amitié avec Marie-Thérèse, sémillante centenaire et Gisèle, surnommée Grandpied, insupportable pipelette qui se mêle toujours de tout. Elles ont le sens de la repartie quand il s’agit de moucher les vieillards qui réclament qu’on leur embrasse la « flûte à bec »… et sont pleines de ressources quand il est question de vengeance… C’est drôle, tendre, bien écrit. C’est un chouette moment de lecture !

Pucelle, Florence Dupré de La Tour

Ou comment rater l’éducation de sa fille !!! C’est drôle et sensible. Une fois de plus la démonstration est faîte du poids des non-dits, des silences, des catastrophes qu’il engendre. Florence Dupré de La Tour nous raconte son enfance dans une famille nombreuse, catholique et fortunée, entre Buenos Aires, la Réunion et la France métropolitaine. Elle n’a manqué de presque rien : juste des mots pour parler du corps qui change, des paroles qui rassurent, qui apaisent et consolent devant les grands bouleversements de l’existence d’une petite fille qui devient femme et qui se promet de rester pucelle toute sa vie face au danger, au risque d’être damnée éternellement…. ÉDIFIANT !!!

Ma Tronche en slip, Vincent Cuvellier

La couverture, y’a pas photo, comme le titre, elle a de la gueule !!! Et encore une fois (l’ouvrage date de 2014), Vincent Cuvellier brille dans la catégorie littérature pour ado qui parle vraiment aux ado !!! Et oui, il est ici question de slip, de beau gosse qui se la joue un peu, trop content d’avoir été repéré par une agence de mannequinat, qui va découvrir le côté peu reluisant de la pub, mais qui va aussi faire une rencontre assez bouleversante. C’est très garçon, très… slip ! C’est drôle !

Mentine, Jo Witek (5 tomes)

Si vous  ne l’avez pas encore lu, pas encore offert à vos ados, foncez !!! Dès les premières pages on mesure à quel point on a affaire à un vrai talent ! Il faut lire, faire lire Jo Witek à ses enfants, c’est indispensable ! Il y a là une vraie intelligence dans l’écriture, une analyse extrêmement subtile des tourments de l’adolescence, des angoisses, des questions qui taraudent tout être normalement constitué. Aucune caricature, aucun cliché, juste plein de finesse. Mentine est une enfant surdouée qui a envie d’être comme tout le monde, qui, pour gommer sa différence, saborde sa scolarité au grand désespoir de ses parents. Elle est insupportable, grande-gueule, peut se montrer hyper agressive, insolente mais tout ça n’est qu’une façade. Elle n’aspire qu’au bonheur. Plongez dans son univers, savourez son humour et découvrez ses aventures !!! Génial !!!