Pouic-pouic a aimé

Nos derniers coups de coeur

Il est juste que les forts soient frappés, Thibault Bérard

Premier roman. Coup de poing. Le genre de lecture dont on ne sort pas indemne. C’est bouleversant. On est happé par cette histoire, fasciné par ce mélange de tons, par ces nombreux passages du rire aux larmes, par la finesse, la délicatesse avec laquelle l’auteur a su dépeindre les instants de grâce de cette existence traversée par le drame du cancer. On ne saurait mieux décrire ce combat contre le désespoir, la force de l’amour, jusqu’au bout. C’est terriblement juste, ça vous remue les tripes, vraiment, et vous prenez la mesure de la chance que vous avez d’être vivant…

Dagfrid, Des brioches sur les oreilles, Agnès Mathieu-Daudé et Olivier Tallec

Enfin un roman « première lecture » bien écrit et vraiment rigolo !!! Voilà dans la collection Mouche de l’Ecole des Loisirs une histoire de Viking, de conquête et de découverte … à hauteur d’enfant : Dagfrid déteste son prénom, déteste la couture et les robes et surtout a en horreur le poisson ! Donc, elle décide d’aller voir ailleurs ce qui se passe… Le dessin est vraiment frais et drôle et le texte très amusant ! Vive le Dagfridland !!!

Nico, Face à l’ours, Hubert Ben Kemoun, Régis Faller

Un zoom sur la collection Dyscool chez Nathan qui publie des petits romans illustrés pour les premiers lecteurs avec des auteurs talentueux comme ici Hubert Ben Kemoun : une première classe-découverte de 6 jours à la montagne pour Nico qui ne peut avouer à ses copains que ses parents lui manquent déjà et qu’il a les pépètes à cause l’ours Grizz…. Comme toujours avec Hubert Ben Kemoun, c’est bien écrit et intelligent ! Merci pour les enfants dyslexiques qui vont enfin avoir droit à de vrais bons moments de lecture autonome !!!

Aires, Marcus Malte

Ils sont sur l’autoroute, chacun perdu dans ses pensées. La vie défile, scandée par des bribes d’info, des instants de radio, des slogans de pub. Frédéric chauffeur routier lanceur d’alerte, Sylvain, consommateur compulsif en route pour Disneyland avec son fils, un couple dans une Dacia, Roland en route vers son ex-femme Rolande, Zoé qui espère un miracle pour son frère Victor, Catherine, … Ils sont tous sur la route pour un ailleurs et finiront sans nul doute par se croiser. Roman caustique sur notre société, ses travers. Le roman est d’un humour grinçant mais avec beaucoup de tendresse. Marcus Malte n’est jamais où on l’attend : Roman noir et musical pour Les harmoniques, poétique et singulier pour Le garçon, inquiétant pour Garden of Love. Chacun de ses romans est un plaisir de lecture !!!

La petite révolution joyeuse, Aline Champsaur

Un joli petit ouvrage illustré, édité par la maison nîmoise Atelier Baie qui témoigne d’expériences d’agriculteurs engagés dans le bio, le circuit court, le local. Il y est question de partage, de proximité, de coopérative, de collectif, de consomm’acteurs, de démocratie participative. « De l’échelle locale au réseau intereuropéen, des groupes de petits producteurs et de consommateurs ne se laissent plus dicter les règles, ils en créent de nouvelles ». Il y a de quoi redonner de l’espoir, de la confiance ! Une petite révolution joyeuse, quoi, contre la méfiance et la morosité ambiante !!! A partager !

Le Géant chagrin, Carole Martinez et David Sala

Un album magnifique aussi géant que le personnage du titre ! Les humains s’ennuient dans une ville morose où il n’y a plus de couleurs, où la rue du bonheur n’est qu’une succession de maisons toutes identiques, des sortes de cubes grisâtres ; tout y est rectiligne, uniforme, pas d’herbe folle, aucun grain de folie et les souvenirs dorment au fond des coffres dans le grenier !!! et grâce à un géant chagrin et un chagrin géant qui vit, lui, dans la forêt, et que sa femme va chasser, les hommes vont retrouver le sourire, la fantaisie, et vivre au milieu de la nature, pas trop loin de la ville et profiter du bonheur, « tant qu’il est encore à la mode »… SPLENDIDE !!!

 

La Cantine de minuit, Yarô Abe

Les histoires s’entremêlent dans ce petit restaurant au fond d’une ruelle de Tokyo. Les dessins signés Yarô Abe sont magnifiques et les histoires peuvent aller de l’humour à l’émotion. En effet, dans ce petit « boui-boui », on peut voir de tout : une rencontre amoureuse, un conflit de famille, une chanteuse de karaoké dépressive, des gangs de motards, des règlements de compte de yakuzas… Un conseil, ne le lisez pas si vous n’avez pas de restaurant japonais à portée de main car en plus de vous faire rire, ce manga vous fera également saliver. Si la nourriture décrite vous fait vraiment trop envie, alors Le livre de cuisine de la cantine de minuit est fait pour vous ! A lire de toute urgence !

Tao, notre stagiaire de 3ème !

Opération âme errante, Richard Powers

Le Temps où nous chantions, La Chambre aux échos, L’Arbre-monde (Prix Pulitzer 2019), tous les romans de Richard Powers sont à découvrir. Le dernier Opération âme errante est une plongée dans l’univers de l’hôpital, également malade de l’autre côté de l’Atlantique. Richard est interne en chirurgie pédiatrique et tente de soigner un groupe d’enfants avec l’aide de sa collègue thérapeute Linda. Richard Powers continue d’explorer l’âme humaine et décrit les maux de l’Amérique, sa violence, les masses abruties par les chaînes d’info en continue, les inégalités sociales criantes, la douleur de ceux qui émigrants d’Asie, d’Afrique et d’ailleurs dans le monde, vers des paradis qui se révèlent être pour eux souvent plus proches de l’enfer. Dans ce roman foisonnant. Richard Powers montre une réelle empathie pour toutes ces âmes errantes, blessées par la vie. La richesse de son écriture émaillée d’humour, certes grinçant, en fait une fois encore, un roman à savourer.

Journal de L. (1947-1952), Christophe Tison

Journal intime de Lolita, l’adolescente la plus célèbre de la littérature, 50 ans après la publication par Vladimir Nabokov des carnets de son ravisseur. Journal intime d’une jeune fille dont on vole l’enfance, qui se pervertit petit à petit, consciente du pouvoir de séduction acquis malgré elle, mais qui parallèlement est désireuse d’échapper à son bourreau et qui continue à avoir des rêves de gamine. Elle passe de la peur au défi à la manipulation, tentant la fugue sans être capable de se débarrasser de l’indicible. Le journal de L. va à l’encontre des confessions de son beau-père, il devient le journal d’une enfance volée comme celle de l’auteur.  Fini le romanesque diabolique et flamboyant du récit de Nabokov, les intentions ne sont plus les mêmes. En démystifiant Lolita et son bourreau, Christophe Tison, qui a eu aussi son enfance volée montre le viol et ses conséquences.

Tronches de vies, Soph’

« Commérages, avis politiques et discussions de merde » : la quatrième de couverture résume bien la BD. C’est Reiser qui ressuscite ! L’auteure s’était faîte connaitre en racontant sur son blog les mésaventures d’un prof dans un collège difficile. Puis elle a enchaîné avec The plus beau métier du Monde et 6 Petits guides déjantés à l’usage des profs chez Magnard. Comme elle a également dessiné dans Rue 89, Psykopat, L’écho des savanes, c’est vous dire le ton de l’ouvrage !

Encore une pépite chez Lapin. Drôlissime !