Pouic-pouic a aimé

Nos derniers coups de coeur

Une Photo de vacances, Jo Witek

Merci Jo Witek ! Encore une fois, on plonge avec délectation dans ce roman jeunesse plein de délicatesse, de tendresse et d’amour. On voyage dans le temps : on a dix ans, comme Eugénie-Moogli, on partage ses joies, sa mélancolie, ses angoisses, sa phobie de devenir un monstre-adolescent comme Adèle, sa grande sœur, on adore sa famille de « pauvres », ses vacances de « pauvres » à Saint-Chinian, les moments d’ennui pendant la sieste des parents, ce bal du 14 juillet qui va bouleverser ses vacances… Comme dans Premier Arrêt avant l’avenir, notre cœur palpite, vibre, on sourit, on a les larmes aux yeux. Quel talent ! C’est un très joli roman, tout plein d’émotions, qui fait réfléchir et nous invite à profiter des jolis moments de la vie et de ses proches.

Hôtel Castellana, Ruta Sepetys

Il est des auteurs comme Ruta Sepetys ou Sarah Cohen-Scali qui écrivent pour la jeunesse des romans plus qu’intelligents : nécessaires. Ce dernier roman de Ruta Sepetys est un roman pour jeunes et moins jeunes, roman historique et histoire d’amour située en 1957 sous la dictature de Franco. C’est un ouvrage captivant, émouvant, instructif : on y suit Daniel Matheson, 18 ans, passionné de photographie venu à Madrid avec ses parents (son père, dans le pétrole, est venu pour faire affaires avec Franco) qui tombe amoureux de la belle Ana Torres Moreno, jeune fille qui cache de lourds secrets et qui travaille à l’Hôtel Castellana, quartier général de la haute société américaine. C’est le choc des cultures, la découverte de l’envers du décor, la peur, l’oppression…. C’est un travail de 8 années de recherche et c’est une vraie réussite ! Bravo Ruta Sepetys !!!

Rouge, blanc, bleu, Léa Carpenter

Roman d’espionnage ? Récit psychologique ? Livre de l’intime et de l’analyse ? Un peu tout cela. L’action laisse ici la place à une réflexion profonde et documentée sur le fonctionnement de la CIA et ses rapports avec ceux qui la servent.
Noël, le père d’Anna, fut l’un d’eux jusqu’à son décès accidentel dans les Alpes, la veille du mariage d’Anna. La découverte de vidéos, la rencontre avec un ancien proche de Noël puis les enquêtes de sécurité liées à l’ascension politique de son mari vont peu à peu dévoiler à Anna le passé caché de son père, relais d’une source majeure de l’Agence en Chine. Méthodes de recrutement, mise en condition, utilisation permanente du polygraphe, traitement des informateurs et surtout, fragilité et instabilité du statut d’agent : on est loin de James Bond !… de très courts paragraphes se succèdent dans l’évocation des divers épisodes de la vie de cet homme et de sa fille qui le raconte. Tout en finesse.

 

Richesse oblige, Hannelore Cayre

Après le détonant roman noir « La Daronne » et son personnage inoubliable, Hannelore Cayre revient avec des personnages féminins déglingués et hauts en couleur : Blanche de Rigny, son amie Hildegarde et leur petite protégée Juliette dans leur sillage. Des femmes fortes, avec un redoutable sens de l’efficacité et déterminées plus que jamais, à sauver le monde… Toutes différentes qu’elles sont, ce duo de nanas  a l’art et la manière de nous bousculer ! Blanche de Rigny, une jeune femme handicapée, se lance dans une enquête sur ses origines, en particulier sur son arrière-grand-père Auguste, qui, en 1870, bien que rejeton d’une riche famille bourgeoise magouillant avec son ami Thiers pour décrocher de juteux contrats publics, est devenu communard. Dans le même temps, et en opposition totale avec ses idées, Auguste accepte que son père Casimir lui achète un remplaçant pour que ce dernier parte à sa place à la guerre contre la Prusse. Ce roman d’hier et d’aujourd’hui  nous surprend avec un humour noir et brillant de mille feux.

Tuer le fils, Benoît Séverac

Mathieu sort de prison où il a purgé une peine de 15 ans pour meurtre.  Meurtre qu’il a reconnu et dont les raisons sont complexes, même pour lui. Le jour de sa sortie,  son père est assassiné.  Père avec lequel ses rapports sont plus que difficiles. Père motard néo-nazi qui cultive la « virilité  » au-dessus de tout. Et là,  tout désigne Mathieu comme le coupable, évidemment. Et lui qui avait spontanément avoué son premier meurtre semble ici résigné à retourner en prison sans autre ligne de défense que « je n’ai pas tué mon père « .

Derrière cette intrigue policière qu’on ne lâche pas, ce nouveau roman de Benoît Séverac nous parle des sommes de courage et de défis, de renoncements et de non-dits qui unissent un père et un fils cherchant tous deux à savoir ce que c’est qu’être un homme.

14 juillet, Bastien Vives et Martin Quenehen

Quand Jimmy, un jeune gendarme, rencontre Vincent, un peintre qui vient de perde sa femme dans un attentat, il décide de les prendre, sa fille Lisa et lui, sous son aile. Mais peut-on sauver les gens malgré eux ? Et dans quelle mesure est-il forcément juste de vouloir jouer les justiciers ?
Dans ce polar contemporain, Bastien Vivès et Martin Quenehen dressent le portrait de personnages déboussolés qui cherchent à donner un sens à leur existence dans une France traumatisée, à la fois paranoïaque et divisée. Le choix du noir et blanc donne une ambiance réellement sombre à l’histoire qui ne l’est pas moins. Le graphisme épuré apporte du mystère aux personnages et exprime avec justesse leurs questionnements.

J’adore, Mieko Kawakami

Deux enfants d’une douzaine d’années Mugi et Hagatea, l’un et l’autre de famille monoparentale, deviennent amis. Dans leur école, ils sont un peu hors normes, peu au fait des codes adolescents. Mugi dessine les événements de sa vie et Haretea, passionnée de cinéma, rejoue les scènes qui ont des résonances dans sa vie. Ensemble ils apprennent à formuler ce qu’ils ressentent. Ainsi s’imposent à eux les nuances du langage, la nécessité de nommer au plus près du sens les sentiments envahissants qui les bousculent et les peines enfouies dans leur mémoire. Sans compter la violence que leur impose l’incapacité de leurs parents à leur parler de la mort ou de l’abandon qui ont façonné insidieusement leur jeune existence. Mieko Kawakami est philosophe, musicienne, poète et romancière. Cela explique la justesse des sentiments, la poésie des personnages et la subtilité du récit. A savourer !

Ça fait longtemps qu’on s’est jamais connu, Pierre Terzian

Avec un titre pareil, on se demande vraiment ce qu’on va lire. Immersion totale au Québec ! On est dans la tête de Pierre, fraîchement marié à une québécoise, expatrié à Montréal, écrivain, qui, pour gagner sa croûte, va faire des remplacements dans des garderies du centre-ville. C’est donc un récit de vie à hauteur d’enfants, émouvant et drôle. On y suit Pierre catapulté dans des garderies avant-gardistes en terme de pédagogie, dans des centres qui accueillent des enfants pétardés par la vie, déjà névrosés à à peine 3 ans. On rit beaucoup de son apprentissage du parlé québécois, de ses considérations sur la folie des adultes, du monde, on est touché par sa bienveillance, toujours, pour les enfants, sa tendresse. Un vrai chouette moment de lecture.

Ma Grand-mère est une terreur, Guillaume Guéraud

Louis déteste aller en vacances chez sa grand-mère, surnommée Mémé Kalachnikov. Mais ce  séjour au cœur de la forêt va ont se révéler plein de surprises ! Le temps va passer  à une vitesse incroyable ! Elle fait quand même des trucs sacrément bizarres cette grand-mère. Quelle sorcière, quel carafon ! Et quelle vie elle a eue! Vraiment drôle, un petit message écolo glissé au passage, et hop ! encore un roman de Guillaume Guéraud qui se lit d’un coup, avec grand plaisir !

Papa ! Papa ! Papa ! Julien Hirsinger, Constance Verluca et Anouk Ricard

Un tout-carton tout simple, avec des dessins enfantins pour dire le dévouement et l’amour inconditionnel d’un père pour son fils mais aussi l’incroyable bonheur d’être le fils d’un homme extraordinaire !!! Simple et efficace !!!