Les dégueulasses, Santiago Lorenzo
Seuil

Un récit initiatique politiquement incorrect !

Manuel, un jeune homme des temps modernes, vit dans une piaule minable et fait un boulot alimentaire faute de trouver un emploi qualifié. Sa vie bascule le jour où, pour légitime défense, il poignarde un policier agressif. Il est alors contraint de partir en cavale dans cette zone dépeuplée du nord de l’Espagne et se cache dans un village abandonné. Très citadin, Manuel va devoir tout apprendre et cette année d’exil va donner un réel sens à sa vie.
On est plutôt loin de la fable écologique, Manuel ne prétend pas vivre en symbiose avec la nature, et on se rapproche d’un récit qui questionne nos besoins essentiels dans cette société de consommation sans limites et notre recherche égoïste et individualiste du bonheur. L’arrivée impromptue de voisins, des citadins aux mœurs ostentatoires, qui s’auto-congratulent de vivre chaque week-end une « déconnection du monde » et cherchent à se « faire plaisir » à chacun de leur séjour champêtre est à mourir de rire! Santiago Lorenzo n’y va toutefois pas par quatre chemins et on s’en prend plein la figure : il titille nos incohérences, notre bêtise, l’absurdité de ce monde qui nous réduit à l’imbécilité.

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