Un dernier ballon pour la route, Benjamin Dierstein
Les Arènes

Avis aux amateurs de polar rural, celui-là c’est du brut !

Freddie et Didier, anciens militaires, anciens policiers, anciens agents de sécurité, ne sont plus que des piliers de bistrot, conservés par l’alcool et la force de l’amitié. Un ancien ami de Freddie lui demande de retrouver sa fille. Et les voilà, (récompense à la clef) qui s’improvisent enquêteurs. La mission amènera les deux comparses à revenir, au terme d’un périple aussi mouvementé que périlleux, dans le village d’enfance de Freddie.

Truculent, déjanté (mais pas que), ce roman est construit en deux parties. Dans la première, nous sommes dans une périphérie où les commerces constituent la seule échappatoire à un quotidien morose et où, finalement, « Lever le coude est la meilleure façon de ne pas baisser les bras » (proverbe de bistrot). Une société ultra violente, où il ne fait pas bon être une femme ou un looser, où les enfants deviennent des sauvages avant de devenir des hommes. Dans la seconde partie, il est question de la mort des villages par l’industrialisation de l’élevage. On pourrait se croire dans un western, tant l’écriture est cinématographique et les dialogues savoureux mais nous sommes dans la France profonde, celle des bistrots qui maintiennent le lien social, où les Indiens sont devenus marginaux, gitans, « cassosses » et où les cow-boys sont les familles qui détiennent le pouvoir financier, politique et administratif.

Tout ceci dans une ambiance burlesque, parfois fantastique avec une enfant qui parle aux loups, une chèvre dépressive et des vaches fantômes, mais aussi poétique et sensible. Rien de convenu dans ce roman, jusqu’à la fin.

Bref, vous l’avez compris, Benjamin Dierstein rejoint le top des auteurs de notre fonds polar !

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